Il est là, les yeux grands ouverts, l’arrière train légèrement relevé. Il l’avait vu avant qu’elle ne se dérobe à sa vue. Un courrant d’air, une queue grise qui s’agite doucement. Il bondit avec un grognement sourd, se hisse sur ses deux pattes arrière et se saisit de  sa proie. Il la tient fermement, se laisse rouler au sol avec elle, la relâche brutalement pour s’en saisir de nouveau.

Son attention est soudainement retenue par un bruit léger. Il se précipite sur la petite balle qui roule, la course sous la table, puis l’abandonne.

D’un coup de rein, il est sur la chaise puis sur la table, entreprend d’y faire l’inventaire en commençant par la gomme. D’un coup de patte, elle est au sol. La boite à crayon suit le même chemin. A leur suite, il descend prestement de la table, s’arrête quelques temps devant l’assiette de croquettes, en picore quelques unes, puis entreprend une séance de léchage abandonnée en route, quand il entend le bruissement d’une feuille de journal. Il s’y allonge de tout son long en prenant soin de choisir l’article qui était justement à la lecture. A peine redéposé à terre, il est de retour sur la table, fait rouler le dernier crayon qui y reste puis l’abandonne pour se vautrer à nouveau sur la feuille de journal.

Un coup de patte par ci, une léchouille par là, un miaulement contestataire.

Je suis le nez dans mon bol de café, ouvre péniblement un œil, étourdie et déjà fatiguée par cette danse matinale.

Ses pattes me labourent les cuisses avant qu’un long bâillement annonce une pose salutaire.

Je n’ose plus bouger. Il ronfle et ronronne doucement.

Coup d’œil au réveil. Je suis déjà en retard.

Un miaulement plaintif résonne comme un reproche de le laisser seul toute la journée

Je lui promets de revenir vite.

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