Les deux dernières notes de Valclair m’ont beaucoup touchée et interpellée.

Je me suis reconnue, dans la description qu’il fait des symptômes de sa femme, il y a quelques mois, quand toute énergie m’avait quittée.

C’était au travail que la souffrance était la plus grande : habitée par un sentiment de totale incompétence, je n’étais plus capable d’écrire, n’osais plus prendre la parole, n’avais qu’une envie, laisser ma place aux plus jeunes, beaucoup plus intelligents et mieux formés que moi.

J’ai connu aussi cette inappétence pour tout : les amis, les sorties, la lecture et

 bien entendu, l’inappétence sexuelle, les insomnies rebelles et cette fatigue qui recouvrait le tout

Je ne voyais plus d’autre horizon que la mort au bout d’un chemin fade, sans saveur, morne et froid.

Ca m’interroge beaucoup sur l’intrication entre le physique et le psychisme, sur les effets du bouleversement hormonal à la ménopause, à une période où on décourage les femmes de prendre un traitement hormonal.

Je connais beaucoup de femmes qui ont sombré après la cinquantaine.    je ne crois pas en la seule explication psychanalytique.

Mon médecin m’a diagnostiquée une hypothyroïdie assez importante pour la quelle je suis maintenant traitée ;

Ca m’a déculpabilisée, sur le moment,  de penser qu’une raison physique pouvait expliquer mon état.

Et si j’avais attaqué moi-même ma thyroïde ?

Pour autant, c’est l’antidépresseur qui m’a tiré d’affaire, et ça c’est difficile à admettre, quand on fait un travail basé sur l’aide.

Je vais mieux et ai repris du goût à vivre.

Pour le désir c’est une autre histoire.

 Ma libido est comme au repos, et je n’ai aucune envie de séduire qui que ce soit, même si je continue à me maquiller pour aller au travail , essaie de me rendre à peu près présentable.

Je lis sur plusieurs  blogs de femme qu’elles  tombent actuellement en amour.

Elles me semblent du coup, très loin de moi.

J’ai oublié depuis longtemps le frisson, le cœur qui cogne devant un regard d’homme.

Ma vie est comme « un long fleuve tranquille » bien reposant.

Apres une jeunesse tourmentée, les questions angoissantes qui ont accompagné mon « être mère », ça me convient assez.

Et puis, où trouverais- je la disponibilité, quand je ne fais que courir après le temps ?

 

dinan2