notes40001Un grand mec dégingandé, d’un charme fou.

Il arrivait sur son solex pétaradant,

S’asseyait sur le bureau,

Désinvolte, il jetait sa sacoche sur le coté,

Commençait le plus souvent par un jeu de mots,

« Quand je parle des hommes, j’embrasse toutes les femmes ! »

Toutes les filles avaient furtivement vérifié leur coiffure,

Aucune n’aurait voulu être en retard

Aux cours de G

Elles l’attendaient le sourire aux lèvres,

Bouches bées, elles attrapaient au vol ses premières paroles,

Participaient à son cours, comme à aucun autre.

Il nous enseignait le vocabulaire de l’image et du cinéma,

Nous parlait de champ, de contre champ,

De plans séquences, de découpage du film.

De bande sonore, de bruitage.

Éveilleur culturel et intellectuel,

il nous initiait au cinéma,

Mais aussi …

S’inscrivait, dans cet univers de filles

Comme l’Autre, le singulier, le différent.

Dieu sait si j’en ai rêvé, comme toutes les filles,

Moi qui pourtant n’osait l’approcher.

 Il est devenu mon ami, un très grand Ami.

« J’ai marié » son collègue et ami,

Il a marié une québécoise avec un accent délicieux,

Au parler vrai et percutant.

Nous avons vécu plusieurs années ensemble, en pseudo communauté,

Dans une grande bâtisse que nous nous étions partagée.

 

J’ai rencontré un homme d’une culture étonnante

Passionné et passionnant.

Nul doute que tous ceux qui l’ont un jour croisé,

Ont été marqués par sa vitalité, son charisme,

Sa réelle présence à l’autre,

Et ne l’ont pas oublié.

J’ai aussi rencontré un être humain tendre et chaleureux,

Généreux et aimant comme rarement.

 

 

Il m’a donné plus que je peux le dire

Et je manque encore de mots pour dire…

Tous ces rêves inachevés…

 

Il nous quitte pour ce dernier voyage au-delà des étoiles, et ça me désespère.