Impossible de trouver jusqu’à présent ni la disponibilité psychique, ni la disponibilité physique pour me remettre devant ce clavier et y taper quelques mots.

Et puis un commentaire ce matin.

 En dépit de mon absence, il y en a qui viennent s’échouer sur ces pages.

Ca m’étonne encore.

Je ne suis pas très loin.

Planquée dans l’ombre, je lis ce qu’écrivent les autres, sans avoir le courage, oui le courage, de me lancer à nouveau.

La maison des parents est maintenant vide, détapissée, lessivée, et débarrassée de son dernier mobilier, à la demande de la société locatrice. Mes sœurs ont terminé aujourd’hui. (Sans moi, je ne pouvais me libérer)

La porte est refermée sur plus de quarante ans de vie dans cette maison, froide, moche et si triste.

Il me reste les sacs emplis de lettres gardées précieusement par ma mère.

 Elle ne jetait jamais rien.

Pour qui, pour quoi les gardait elle ?

Je replonge dans l'histoire, d’avant ma naissance, toujours à la recherche d’une trace qui inscrirait ma naissance illégitime.

J’effectue des lectures très émouvantes.

Je découvre la jeune femme de dix huit ans et cette jeune femme  me touche terriblement : Il se dégage de ces lettres une telle chaleur et une telle générosité.

Je découvre aussi, la gorge serrée… l’étendu de l’amour qu’elle éprouvait pour mon père, sa candeur, le don d’elle-même.

Tellement désolée qu’elle est si peu reçue en retour.