Je me suis assise devant cet écran l’oeil triste et l’âme morose.

Sur la rocade qui me ramène chez moi,ce soir , je pensais à mon fils de qui je n’ai pas de nouvelle.

Il m’en veut, je me suis dit : d’être une mère trop intrusive, trop curieuse de savoir des choses de lui, de me mêler de ses affaires d’argent.

J’ai beau me dire qu’il faut que je le laisse gérer ses affaires, seul, sa négligence en matière d’argent, pour ses papiers administratifs, me pousse immanquablement à lui envoyer des mails de recommandation. (Le passé me colle aux chaussures et il est insoutenable pour moi que l’argent soit traité à la légère)

Mes mails, je le pense, doivent le mettre très en colère, après moi et aussi après lui.

Et puis ce soir :

Un mail de sa part.

Il ne dit rien, joue sur le ton de l’humour, avec son nom, qui est évidemment celui de son père.

Je me suis sentie tout de suite plus légère : Il blague, ouf !

J’aime ce nom qu’il porte, suis heureuse de le porter et de signer de ce nom, moi aussi.

De m’être délestée d’un nom trop lourd à porter, dont j’avais honte.

Et puis

Un commentaire de Philippe.

Du coup, j’ai relu aussi les autres.

Ils sont très importants pour moi, bien plus que je voudrais le reconnaître.

Pourquoi ai-je autant besoin d’être rassurée sur l’intérêt que l’autre me porte ?

Rassurée sur ma propre valeur personnelle et professionnelle.

Et ce besoin, par période, d’hiberner à l’abri des regards…

Quand j’étais plus jeune, j’essayais de me réconforter en pensant qu’avec l’age je serai plus sûre de moi.

Finalement, je doute encore et encore, m’émerveille, avec une pointe de jalousie, de l’intelligence, des capacités verbales , des qualités d’écriture des plus jeunes, des autres.

Accepter. S’accepter, faillible,  avec ses incomplétudes, d’être travaillée par  ses manques.

 Accepter le temps qui rétrécie les possibles, flétrie ma mémoire, réduit mon énergie ;