07 avril 2008
incrédule
J’éprouve bien des
difficultés à ma remettre devant ce clavier.
J’ai la tête chargée de notes
à écrire et suis incapable de m’astreindre à l’effort nécessaire à la mise en
mots. Les mots flottent dans ma tête dans un grand désordre ; il faudrait faire
le tri.
J’ai la tête et le corps aussi « en
compote », encombrés du virus bronchiteux grippal donné en cadeau par
« Mademoiselle ma fille » avant qu’elle ne reparte sur Lyon. Il faut
dire que je ne m’étais pas privée de l’étreindre de toute mon affection.
Elle est arrivée le jour où j’assistais aux
obsèques d’une jeune voisine de mes parents, défenestrée semble t-il
volontairement à 25 ans.
Je ne pense pas que je serai
en capacité psychique de survivre au suicide d’un de mes enfants ; Ca
vient dire une telle souffrance ; signer un échec tellement radical, de la
vie transmise, du désir vital.
J’ai croisé la mère de la
jeune fille par hasard quelques jours après, dans un grand magasin.
Je me suis d’abord
dit en la regardant: « ça a l’air d’aller »
Puis j’ai croisé son regard,
chaviré, égaré.
Elle voulait justifier sa présence dans ce
magasin, comme si sortir de chez elle lui était désormais interdit. Elle
s’excusait aussi de ses larmes qu’elle ne pouvait retenir ; me remerciait,
alors que je ne faisais rien d’autre que l’écouter en cheminant à son coté.
S’il me restait un peu de
foi, j’aurai su avoir des mots de réconfort. Je n’ai rien dit, me suis
contenter d’acquiescer à ce qu’elle disait.
Il y a quelques jours,
j’écoutais une jeune collègue me dire avec ferveur, et conviction, avoir eu une révélation au Tibet où elle se
faisait enseigner le bouddhisme. Non seulement elle est convertie, mais pense
avoir vécue une autre vie, avoir des dons de magnétisme, avoir pu communiquer
avec son père décédé et un jeune frère avorté. L’idée de communiquer avec ma
mère m’a un moment traversé, et j’ai envié sa certitude.
Puis l’incrédule en moi, a
surtout eu peur de l’aveuglement dans lequel il m’a semblé voir cette jeune
collègue.
La nuit je rêve de mon fils
qui « joue » sa vie en silence, sans savoir peut être, combien ce silence m’agresse,
m’inquiète, m’accuse, attendu que « tout est toujours de la faute des
mères qui sont …font …trop ceci… pas assez ça… »
Je m’interroge sur la mère
que j’ai été, sur ce que j’ai transmis malgré moi, sur ce que lui a transmis
son père. De mon coté l’héritage était lourd. L’ai-je suffisamment allégé comme
je me suis efforcée de le faire ?
Commentaires
Que tes mots me remuent. Je viens de lire 'Il faut qu' on parle de Kévin'.Sur le role, l' impact, les non dits, le mythe de la mère parfaite, le deuil à faire de celà, et aussi de l' enfant parfait...ce livre, j' ai mis du temps à y rentrer, il est dur et fort, mais il m' a totalement remuée..bises
OUi on ne finit jamais de s'interroger...
Même quand on a fait de son mieux...
parvenir à la sérénité
Croire qu'on a été la mère dont les enfants avaient besoin...
Malgré les erreurs sans doute
Qu'elle mère peut se vanté d'avoir réussi sans faille, si tel etait le cas elle aurait du soucis à se faire !
Car à 16, 20, 30, ou 40 ans nous avons toujours à un moment ou un autre des reproches et souvent pour des choses que l'on avait cru bien faire !
J'ai rencontré tantôt, au cimetière, la maman dont tu parles ci-dessus, malheureuse, anéantie par la douleur, quoi de pire que de voir son enfant mettre fin à ses jours, quel questionnement ça doit être ?
PS : je me relis, peux-tu coriger ma faute à "vanter", merci ma soeur, ton aînée n'est plus assez vigilante !
Tu n'avais peut-être rien à ajouter mais ta simple présence était pour elle source de réconfort, je crois que c'était le sens de son "merci". Tant de personnes fuient la douleur des autres, comme si elle était contagieuse, ou peut-être par peur d'être maladroit.
Quant à ce que nous transmettons, contentons-nous de faire du mieux possible avec nos moyens...
Et pourtant, moi qui ai beaucoup pensé au suicide, je peux t'assurer que mes parents (et ma famille) n'y sont strictement pour rien. Au contraire, c'est même plutôt leur pensée qui m'a rattaché à la vie... Ceci devrait rassurer les parents qui s'inquiètent, du moins pour leur responsabilité à eux. Mais comment les empêcher de se sentir responsable ?
Ce doit être en effet le pire.
On fait toujours des erreurs. On fait de son mieux. Mais on fait des erreurs. Un jour, mon fils m'a quittée, j'ai cru que je ne m'en remettrais jamais et non seulement je m'en suis remise, mais au-delà de mes tentatives de me supprimer, nous avons su restaurer notre relation profonde.
Mé cé pas toujour facile parce qu'il a encore peur. Et quand il me rappelle tout ça, je me sens atrocement coupable...
la réponse est en lui, toi tu ne peux que rester là et te poser "tes" questions
un jours, quand le moment sera venu, il viendra te poser "ses" questions
alors tu te devras d'être là...
enfin... ce n'est que mon humble avis
Pivoine
Que tes enfants aient le pouvoir de te relier à la vie ? oui je le pense.
Penses-tu vraiment que tes parents ne soient pour rien dans ta construction psychique, même s'ils ont fait, comme ils ont pu, avec ce qu'ils étaient ?
je me le demande déjà pour mes puces et mon petit puceron... ça m angoisse... quand ils auront quitté le nid, j'espere que je tiendrais le coup avec ma culpabilité...
Ne te poses pas trop de questions sur tes enfants.Neveu et nièce je l'ai connais et j'ai toujours senti chez eux des enfants équilibrés, heureux seulement à l'image de leurs parents effaçés respectueux. Ils ont seulement comme tous un jour quitté le nid familial pour vivre leur propre vie d'adulte mais ne te fais pas de souci il ont quand meme construit ultérieurement leur carapace pour se protéger du monde extérieur. Je les trouve trés sympas. Notre role de parents aprés leur départ et de leur faire sentir que nous sommes toujours présents quoiqu'il arrive.
que dire
Actuellement, j'ai entrepris une thérapie pour essayer de "me libérer" de ma fille. Je voudrais qu'elle grandisse, "qu'elle me lâche" comme disent les jeunes aujourd'hui. Et lorsque je lui parle de "couper enfin le cordon" elle entend "couper les ponts". J'ai ppourtant cru avoir fait tout ce que je pouvais pour mes enfants. Ce n'est pas évident du tout.
Donner la vie c'est beaucoup déjà
Je pense que nous sommes tous responsable de notre chemin, les parents nous permettent de venir au monde et c'est déjà pas si mal, et puis c'est à nous d'en faire qq chose si c'est pas le cas alors on recommencera dans sa prochaine vie
j'aime bien ce que dit san antonio...
bien sûr que nous avons tous un parcours fait de ce que les parents nous ont transmis, mais il est fait également de notre essence propre à nous-même je crois.
chacun ses questions.. et chacun ses responsabilités.
en temps venu.
philippe
je ne peux pas être totalement d'accord ;
les parents nous mettent au monde mais nous donnent aussi ou pas, de quoi nous construire pour prendre notre place dans le monde.
Apres comme dit b.chacun est responsable de ce qu'il va faire de cette enfance...
J'aimerai comme toi croire en une prochaine vie ...
Je partage ton questionnement sur ce lien qui unit une mère à ses enfants, une femme à sa fille...
Deux ans que je n'ai plus vu, ni entendu, ni lu ma fille...
Mais j'entends dire qu'elle est mieux. J'en suis heureuse.
Je pensais que ça me serait complètement égal de ne pas être grand-mère : or, je viens d'être grand-tante, et ce petit bout, comme il est émouvant, comme il attend tout de sa mère... Ses sourires m'ont chavirée.
Je pense beaucoup à toi en ces moments difficiles. Courage ! Crois en toi, ce sera déjà énorme ! Je t'embrasse.
Tu me lis assez pour savoir comme ces mots là me remuent au plus profond de mon être, de mon âme, de mes ténèbres..
Loïc
JOYEUX ANNIVERSAIRE
Bon anniversaire ma jum que j'aime si fort
Que ta journée soit belle
UN AN DE PLUS !!!!
JOYEUX ANNIVERSAIRE MA SOEUR !
Que cette année ne t'apporte que joies et satisfactions dans tous les domaines.
Mon filleul t'a fait le plus beau des cadeaux en venant passer quelques jours avec toi.
Je t'embrasse très fort, à très bientôt.
Encore quelques gros bisous en passant...
Belle journée !
Sur ce billet grave, qui moi aussi m'entraîne bien loin,
Je te souhaite un heureux anniversaire !
Foi et réconfort...
"S’il me restait un peu de foi, j’aurai su avoir des mots de réconfort." écris-tu...
Non je ne pense pas... le jour de l'enterrement de mon mari, des chrétiens fervents se sont essayés aux "mots de réconfort"... j'en aurais hurlé, mordu, griffé...
Je crois donc que ton silence et ta présence ont été le meilleur des réconforts.
BON ANNIVERSAIRE ! Plein de bisous.
moi aussi Dilou , je te souhaite un très heureux anniversaire !
et Dilou, je crois que nous faisons tous en tant que parent le mieux que nous pouvons ! c'est pourquoi aussi nous sommes de simples "humains", avec nos qualités et nos défauts !
Je t'embrasse fort
Zut, j'ai raté ton anniversaire...
Je t'embrasse quand-même pour l'occasion.
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