12 mai 2008
fin
Cette fois ci c’est la bonne !
Il est temps pour moi de refermer ce blog trop largement ouvert aux regards
Je remercie les quelques vingtaines de visiteurs quotidiens, la plupart égarés
Qui sont venus sur ces pages.
Je les laisse ouvertes pour DD qui n’a pas fini je crois, de remonter dans les
Archives, et quelques autres curieux…
Je remercie avec émotion, Takeshi et Ex nihilo mes premiers visiteurs, qui par
Leurs commentaires pertinents et encourageants ont légitimé mon désir hésitant
De laisser mes quelques mots ici.
Peut être un autre cahier à ouvrir ailleurs….
26 avril 2008
lettre à Marie 3
Bonsoir
Marie,
Merci
pour tes voeux et ce passage sur mon blog.
Tes
mots sont vraiment remarquables. J’aime cette capacité que tu as, d'imager tes
ressenti.
Terre
à terre comme je suis, dans mon écriture comme dans le reste, ça frôle
chez moi l’insignifiance ; il reste un brin de vérité tout en sachant la subjectivité qui y
est attachée.
Tu
as toujours eu vie spirituelle très riche alors que je me débats avec une incroyance qui donne difficilement accès au sens de l’existence.
Pourtant, Je crois en l’homme, en l’humanité
qui existe en chacun d’entre nous, que je cherche à découvrir au-delà quelques
fois des apparences, sans doute pour ne pas sombrer dans une insupportable désespérance.
Le
printemps s’est fait très beau aujourd’hui. Apres mes rituelles visites du
samedi à ma sœur et à mon père, je me suis allongée au pied de mon cerisier en
fleur avec un bon livre comme j’en rêvais depuis plusieurs semaines ;
finalement mon bonheur est modeste.
Je t’embrasse

23 avril 2008
une journée ordinaire
Une femme ce soir, hurlante dans la cage d’escalier. Elle claque les portes et s’égosille devant le regard médusé de sa fille de vingt mois.
Nous avions prévenu que nous aurions trente minutes de retard pour venir chercher sa fille et la ramener au centre :
« J’ai autre chose à faire… »
Elle nous flanque la petite brutalement dans les bras et claque de nouveau la porte derrière elle.
Elle est âgée vingt huit ans, en parait dix de plus; ses mains sont rouges, boursouflées, suintantes de plaies. Elle vit à la rue depuis plus de 15ans. Quelqu’un lui a prêté une tente qu’elle et son ami ont planté pas trop loin d’un restaurant social.
Ce bel enfant de six mois a fait d’eux, des parents.
Quand elle vient le visiter, le père de l’enfant garde leurs deux chiens.
Quand c’est lui, c’est elle qui les garde
Elle est là, penchée sur l’enfant blotti dans le creux dans ses bras.
Elle lui murmure des mots tendres dans le creux de l’oreille.
L’enfant lui sourit, explore de ses doigts son visage, s’arrête étonné sur son piercing près de sa bouche. Ils éclatent de rire tous les deux.
Et puis
Que répondre à quelqu’un que vous aimez, qui n’est pas malade et vous déclare avec une incontestable conviction :
« Je veux mourir »
07 avril 2008
incrédule
J’éprouve bien des
difficultés à ma remettre devant ce clavier.
J’ai la tête chargée de notes
à écrire et suis incapable de m’astreindre à l’effort nécessaire à la mise en
mots. Les mots flottent dans ma tête dans un grand désordre ; il faudrait faire
le tri.
J’ai la tête et le corps aussi « en
compote », encombrés du virus bronchiteux grippal donné en cadeau par
« Mademoiselle ma fille » avant qu’elle ne reparte sur Lyon. Il faut
dire que je ne m’étais pas privée de l’étreindre de toute mon affection.
Elle est arrivée le jour où j’assistais aux
obsèques d’une jeune voisine de mes parents, défenestrée semble t-il
volontairement à 25 ans.
Je ne pense pas que je serai
en capacité psychique de survivre au suicide d’un de mes enfants ; Ca
vient dire une telle souffrance ; signer un échec tellement radical, de la
vie transmise, du désir vital.
J’ai croisé la mère de la
jeune fille par hasard quelques jours après, dans un grand magasin.
Je me suis d’abord
dit en la regardant: « ça a l’air d’aller »
Puis j’ai croisé son regard,
chaviré, égaré.
Elle voulait justifier sa présence dans ce
magasin, comme si sortir de chez elle lui était désormais interdit. Elle
s’excusait aussi de ses larmes qu’elle ne pouvait retenir ; me remerciait,
alors que je ne faisais rien d’autre que l’écouter en cheminant à son coté.
S’il me restait un peu de
foi, j’aurai su avoir des mots de réconfort. Je n’ai rien dit, me suis
contenter d’acquiescer à ce qu’elle disait.
Il y a quelques jours,
j’écoutais une jeune collègue me dire avec ferveur, et conviction, avoir eu une révélation au Tibet où elle se
faisait enseigner le bouddhisme. Non seulement elle est convertie, mais pense
avoir vécue une autre vie, avoir des dons de magnétisme, avoir pu communiquer
avec son père décédé et un jeune frère avorté. L’idée de communiquer avec ma
mère m’a un moment traversé, et j’ai envié sa certitude.
Puis l’incrédule en moi, a
surtout eu peur de l’aveuglement dans lequel il m’a semblé voir cette jeune
collègue.
La nuit je rêve de mon fils
qui « joue » sa vie en silence, sans savoir peut être, combien ce silence m’agresse,
m’inquiète, m’accuse, attendu que « tout est toujours de la faute des
mères qui sont …font …trop ceci… pas assez ça… »
Je m’interroge sur la mère
que j’ai été, sur ce que j’ai transmis malgré moi, sur ce que lui a transmis
son père. De mon coté l’héritage était lourd. L’ai-je suffisamment allégé comme
je me suis efforcée de le faire ?
23 mars 2008
pour toi "la Grande" : BASHUNG "Madame rêve"
J Bertin : "le reveur" Pour mon fils : En ce jour anniversaire de sa naissance
19 mars 2008
le pont
Et vlan !
Elle s’est fait renvoyer dans les cordes !
Elle l’avait bien mérité !
Ben quoi ?
De quoi elle se s’occupe ?
Il vit sa vie.
Elle n’avait plus à s’en mêler.
Les cordons ?
Ils doivent être coupés, Elle le savait bien.
Là, il a tiré d’un bon coup, pour qu’elle comprenne.
Evidemment, ça la déséquilibre un peu.
Il est gentil.
Il ne veut pas la faire souffrir.
Il l’aime même beaucoup, elle veut le croire.
Il le lui a dit :
Il veut respirer, de l’air ; il a besoin d’air !
Qu’elle reste de son coté du pont.
Elle aimerait pouvoir remonter le fleuve
Remonter jusqu’à ce point où il se fait plus étroit
Et se franchit d’une petite enjambée.
On peut alors tendre la main et…
Il faut le descendre ce fleuve, tranquillement.
Regarde, il est de l’autre coté.
Il ne porte plus souvent son regard vers toi ?
Il a autre chose à regarder,
D’autres mains à saisir
Il est occupé à avancer
Avance toi aussi de ton coté.
Ce fleuve est serein, sans remous inquiétant
Bientôt, un autre pont se dessinera.
Contente toi d’un signe de la main
Peut être qu’il s’y engagera.
Il t’enlacera chaleureusement au milieu du pont,
Vous partagerez des rires
Il refranchira le fleuve
Et te fera lui aussi un signe de la main
15 mars 2008
Madeleine
J’aurai pu me faire appeler Madeleine hier soir
Je ne savais pas que je pouvais déverser autant de larmes, moi qui en verse d’habitude si peu.
La journée
avait été pesante avec, encore une fois, de nouvelles Procédures
à mettre en oeuvre, changements
ressentis, il faut bien l’avouer, comme une critique des anciennes et des
personnes qui les avaient augurer.
Evidemment on dira, "résistance au changement" chez moi.
"Désir de se faire valoir par des pratiques innovantes" je répondrai.
Donc poids d’une journée de fin de semaine...
Et surprise :
Absence inhabituelle de ma peluche vivante, qui d’ordinaire m’attend tranquillement au fond du jardin.
Elle était là ce matin quand j’étais partie.
J’ai fait le tour de la maison, du jardin, des terrains autour, sans résultat.
Au fil de la soirée, la boule au creux de l’estomac a gonflé puis s’est brisée sans sommation.
La petite voix intérieure :
« Mais quelle conne… quelle conne…se mettre dans état pareil pour un chat… tu en as déjà perdu d’autres… »
Impossible de me contrôler.
Levée à 4 heures et demi, la boule s’était reformée.
Armée d’une lampe de poche, j’ai parcouru le même territoire tout en appelant désespérément.
Ma petite chatte grise, qui en a pourtant peur, m’accompagnait.
Dans la décharge du voisin, au pied d’un arbre, elle s’est mise à miauler.
Un miaulement tout aussi désespéré que mes appels a répondu du haut de l’arbre.
Je ne sais toujours pas comment j’ai réussi à franchir le mur qui m’en séparait, grimper dans l’arbre, avec ma lampe de poche dans la main, moi qui est pourtant le vertige.
A force d’encouragements, il s’est prudemment glissé vers moi.
J’étais à mon tour coincé dans l’arbre, mon Mignon dans mes bras, impossible de redescendre.
Mon homme nous a délivré.
Maintenant, après avoir mangé comme quatre, il écrase.
Et moi, j’ai du soleil plein la tête.

13 mars 2008
entendu
" Tu sais je n'ai plus trop envie de manger chez mes parents"
Elle joint les gestes aux mots : " J'aime pas quand ma mère mange ses poux comme ça..."
'"Maman j'ai peur; Papa il a dit qu'il allait me tuer"
-T'en fais pas, elle m'a dit maman...il va peut être pas te tuer aujourd'hui"
12 mars 2008
cocker ?
Ma sœur aînée évoque sur son blog, la caserne militaire transformée en HLM où nous avons vécu notre enfance jusqu’à l’age de onze ans.
Elle y associe des souvenirs pleins de joie et de rire.
C’est tout de même très troublant de constater qu’avec quelques années de différence, mes propres souvenirs comme ceux de ma sœur jumelle ne sont en rien ressemblants.
Cet austère bâtiment ne convoque en moi que des images troublées par les émotions qui y sont associées : peur, appréhension, tristesse, sentiment de panique, désespoir quand ce qu’on redoutait le plus, arrivait.
Ai-je réellement été insouciante ?
Je me perçois plutôt comme ces enfants hypervigilants que je rencontre, les sens en alerte sur ce qui pourrait advenir.
Un jour, en voiture, ma sœur m’a comparé à un cocker. J’avais les yeux rivés sur la route, ne détournais pas le regard et par conséquent ne pouvais participer à la conversation.
Voilà ; J’ai été une « enfant cocker » ?











