medium_noel_2Je me réinstalle devant cet écran monopolisé par mon fils pendant plusieurs jours.

Le soleil d’hiver baigne le jardin d’une très belle lumière.

Les oiseaux en profitent pour virevolter ici et là et se disputer les graines déposées dans le  nichoir.

Ma fille dort encore dans sa chambre à coté.

Mignon est roulé en boule près de moi…

Je me sens tranquille et paisible avec le regret que mes journées de repos s’achèvent ce soir et la satisfaction que la période « Fêtes » soit achevée.

 

La veille de noël j’aurai pu écrire ce que j’ai écrit dans notre blog commun, il y a deux ans.

Joie de noël

Comme traditionnellement dans quelques heures nous allons tous nous réunir autour de mon Père et de ma Mère avec cette question qui nous traverse depuis quelques années, est ce le dernier noël avec eux deux ?
Comme à chaque fois, je franchirai le seuil de la maison avec une sourde appréhension qui me nouera l’estomac : réminiscence de fêtes passées mal terminées.

Nous allons boire, trinquer, parler tous en même temps.

Mon père et ma Mère ne participeront pas au bourdonnement général, ils se contenteront d’écouter, simplement heureux que nous soyons tous là, fatigués rapidement de notre présence.
.L’un après l’autre nous allons les quitter avec la culpabilité de les laisser seuls cette nuit de noël, partagés entre le désir de prolonger la soirée avec eux et celui de fuir au plus vite !
Je n’aime pas les fêtes de famille.
Je n’aime pas noël
Et pourtant, je sais que quand je serai au milieu d’eux tous, je serai heureuse d’être là… pendant un moment
!

 



J’aurai pu écrire…

Seulement, j’étais chez mes parents depuis 15 heures, rapidement rejointe par ma sœur jumelle, pour changer les draps du lit de mon père, laver le sol, ouvrir les huîtres,  préparer leur repas et la table pour le soir …

La veille j’avais répondu à la plainte de mon père en appelant le médecin de garde.

Il a ainsi passé son après midi aux urgences pour un lavage intestinal si efficace que la nuit il n’avait  pas pu se retenir.

 

Quand en soirée nous avons été rejointes par le reste de la famille, je n’avais aucune envie de rester plus longtemps.

A sa demande, j’ai raccompagné ma sœur Ketty chez elle, à mon grand soulagement: elle avait ce regard dur et fixe qu’on lui connaît quand elle va mal, se sent agressée et  a envie de mordre tout le monde.

En regardant mon père, j’ai eu la certitude que c’était le dernier Noël qu’il passait avec nous.

Pour autant, je ne me suis pas sentie affectée.

Il ne voulait pas de ce regroupement familial, ne voulait pas « débourser », « rincer la gueule à tout le monde » comme il avait dit huit jours plus tôt.

Comme l’Avare de Molière, il contemple et veille sur sa cagnotte.

J’étais là pour ma mère. Elle  était heureuse et a montré sa joie d’embrasser ses petits et arrières petits enfants.

Sans culpabilité aucune, c’est moi qui ai pressé mon mari  pour partir.

Je ne crois plus éprouver aucune espèce d’affection pour « ce » père.

 Et pourtant, nous étions là,  ma sœur jumelle et moi, à donner de notre temps,  ce jour comme la veille, alors que nous sommes les seules à travailler encore, les seules qui, en principe, ne  lui doivent rien.

Alors  ?

 

Alors ?

Quel  est ce désir, besoin ou autre motivation, qui nous fait agir ?

Ne rien devoir à celui qui nous a fait le reproche du moindre sou qu’il dépensait pour nous ?

Payer en héritage la dette de notre mère ?

Avoir , enfin, la véritable reconnaissance d’UN  père ?

Non, je n'étais pas là que pour ma Mère